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- L'enfant
bien portant Au Seuil - L'enfant
bien portant |
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Pourquoi j'ai écrit ce
livre ?
La
traversée d'une psychanalyse ouvre l'oreille de celui qui s'y
est prêté sur un mode tel que plus jamais cette oreille
ne peut se refermer. Au fil, et surtout au terme, de la mienne, je suis
devenu ce médecin dont une oreille était branchée
sur un stéthoscope pendant que l'autre recueillait les mots qui
se tenaient autour de la souffrance. Cette écoute, et les ponctuations
que je mettais dans les discours qui m'était adressés,
avaient des effets considérables. J'ai eu alors à me rendre
compte d'un fait absolument inattendu pour le médecin formé,
comme je l'avais été, selon la méthode la plus
classique : à savoir que la réintroduction et le soutien
de l'instance paternelle dans la cellule familiale n'assurait pas seulement
à l'enfant un bon équilibre affectif mais parvenait à
le doter d'une santé physique à toute épreuve.
Or, du père et de tout ce qui pouvait y avoir trait, plus personne ne voulait entendre parler après mai 1968. Les slogans tels que " il est interdit d'interdire " ou " sous les pavés, la plage " attestaient de l'investissement du plaisir sans borne et du refus de la censure qu'aurait pu porter sur cet investissement une quelconque fonction paternelle. Avec de très nombreux cas cliniques, exposés jusque dans leurs pus infimes détails et analysés méticuleusement, j'ai cru bon de porter mon constat - au demeurant toujours valable - à la connaissance du public le plus vaste. La publication de cet ouvrage, en 1985, m'a valu des réactions mitigées. L'hostilité marquée de la plupart d'entre elles m'a conduit à ne plus quitter l'exploitation de sa thématique et à ne plus cesser de recenser l'ensemble des paramètres qui interviennent dans son rejet. Pour une partie du public, je suis devenu un " défenseur des pères " - contre les mères faut-il entendre ! - alors que je n'ai jamais eu d'autre préoccupation que le sort de l'enfant.
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